L’établissement d’une information de qualité est essentielle pour assurer la validité de l’approbation des comptes annuels des SAS et SARL. Les dirigeants sociaux sont ainsi tenus de produire un ensemble de documents permettant aux associés d’être éclairés sur les comptes et la gestion de la société avant de prendre leurs décisions. Certaines parties prenantes non-associées doivent également recevoir cette information.

Alors que la saison des assemblées générales annuelles bat son plein, nous vous proposons une série d’articles pour aider dirigeants et associés à mieux appréhender les règles relatives à l’approbation des comptes des SAS et des SARL et les obligations qui leur incombent. Troisième série de questions-réponses.
Pour les sociétés à responsabilité limitée (SARL), la liste des documents est prévue par la loi : le rapport de gestion, l’inventaire de la société, les comptes annuels, le texte des résolutions, le rapport des commissaires aux comptes, ou encore, les comptes consolidés, quand ces documents doivent être établis1.
Ces documents doivent être adressés en même temps que les convocations.
S’agissant des sociétés par actions simplifiées (SAS), ce sont les statuts qui fixent les modalités du droit d’information des associés, sous réserve des comptes annuels et rapports devant obligatoirement être transmis en vertu de la loi (voir ci-après). Dans le silence des statuts, il incombe au président de prendre les mesures nécessaires afin que les associés disposent des informations pertinentes, en temps utile, pour se prononcer de façon éclairée sur l’approbation des comptes. Il est alors de bonne pratique de se référer aux règles et délais applicables aux SA ou SARL, sous réserve d’adaptation au cas particulier de chaque SAS.
Les comptes sociaux soumis à l’approbation des associés sont arrêtés par le gérant de la SARL ou le président de la SAS. Ils sont constitués des éléments suivants :
Cependant, ce contenu peut varier en fonction de la taille de la société. Ainsi, les micro-entreprises sont dispensées d’établir une annexe. Les « petites entreprises » peuvent adopter leurs comptes sous une présentation simplifiée. Enfin, les moyennes entreprises peuvent adopter une présentation simplifiée de leur compte de résultat uniquement.
Le cas échéant, les rapports suivants doivent être établis par le représentant légal de la société :
En application de l’article L.233-16 du Code de commerce, lorsqu’une société contrôle de manière exclusive ou conjointe une ou plusieurs autres sociétés, elle doit établir des comptes consolidés, ainsi qu’un rapport sur la gestion du groupe.
Le rapport sur la gestion du groupe comprend des informations similaires à ce que l’on retrouve dans le rapport de gestion, mais à l’échelle du groupe. Ainsi, il convient d’exposer la situation des sociétés du groupe, l’évolution prévisible des résultats et des activités, une liste des succursales et une description des principaux risques et incertitudes auquel le groupe est confronté.
Si les comptes consolidés et le rapport de gestion lié constituent une information essentielle pour les associés, ils ne font pas l’objet d’une approbation formelle. La décision d’approbation des comptes ne porte que sur les états financiers propres à chaque entité considérée.
Le commissaire aux comptes de la société, lorsqu’il en a été nommé un, bénéficie d’un droit d’information renforcé. Ainsi, les comptes annuels, le rapport de gestion ainsi que, le cas échéant, les comptes consolidés et le rapport sur la gestion du groupe sont tenus à la disposition du commissaire aux comptes (ou communiqués par email à sa demande) un mois au moins avant la convocation de l’assemblée appelée à statuer sur les comptes annuels4. Plus largement, il doit recevoir communication des informations transmises aux associés dans les mêmes conditions. Le défaut de communication est pénalement sanctionné d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 75 000 euros5.
Dans les sociétés d’au moins 50 salariés, le comité social et économique dispose également d’un droit d’information particulier. L’employeur doit ainsi lui transmettre les documents communiqués aux associés, notamment les comptes annuels, le rapport de gestion ou encore les rapports du commissaire aux comptes6.
Enfin, des droits d’information particuliers bénéficient aux titulaires de titres émis par les SAS, quand bien même ils ne sont pas associés :